Ecoles / Courants / Thèmes

  • Retraçant le fil d'une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l'intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation. L'auteur explore tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l'attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d'Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d'une alliance de l'ensemble du continent africain.

  • Originellement associée aux ordres professionnels et indissociable du statut de la fonction publique, la déontologie s'est récemment imposée dans le champ politique. Le développement d'une culture déontologique fait office de remède à ce qui est qualifié de crise de la représentation, en vue de renouer avec la confiance des citoyens, de lutter contre la corruption et d'assainir la vie politique.
    Mais l'extension de ce nouvel impératif interfère avec de nombreux principes, tels l'élection et le mandat représentatif.
    À côté d'une approche constitutionnelle fondée sur les institutions, la déontologie se focalise sur les comportements individuels et s'attache à contrôler les liens professionnels ou personnels comme à assurer l'exemplarité des gouvernants.
    En lieu et place de la responsabilité politique et en complément des délits pour manquement au devoir de probité, elle installe une logique préventive de lutte contre les conflits d'intérêts et détermine les bonnes pratiques pour assurer le respect de l'intérêt général. De la multiplication des hypothèses d'incompatibilité en passant par le dépôt de déclarations déontologiques ou le contrôle du (rétro)pantouflage, l'action politique est soumise à un véritable quadrillage déontologique.
    Cette évolution fait encore l'objet de critiques, notamment de la part de gouvernants parfois réticents à rendre publics leurs liens d'intérêts et leur patrimoine. Certes, son immixtion dans la vie privée des gouvernants peut accroître la défiance et la suspicion, mais la déontologie les incite dans le même temps à situer et à justifier leurs choix. Elle leur donne les moyens de redéfinir les termes de leur légitimité, laquelle a trop longtemps été considérée comme acquise du seul fait de l'élection.

  • Le monde est déchaîné. La violence n'y a pas reculé, comme le pensent certains. Elle a changé de formes, et de logique, moins visible, plus constante : on est passé de l'esclavage au burn-out, des déportations à l'errance chronique, du tabassage entre collégiens à leur humiliation sur les réseaux sociaux, du pillage des colonies aux lois expropriant les plus pauvres... L'oppression sexuelle et la destruction écologique, elles, se sont aggravées.
    Plutôt qu'enrayée, la violence a été prohibée, d'un côté, pour « pacifier » policièrement les sociétés, et systématisée de l'autre, à même nos subjectivités et nos institutions : par la logique comptable, sa dynamique sacrificielle, par la guerre normalisée, la rivalité générale et, de plus en plus, les nouvelles images. Si bien qu'on est à la fois hypersensibles à la violence interpersonnelle et indifférents à la violence de masse. Dans le désastre néolibéral, le mensonge de l'abondance et la stimulation de nos forces de vie ont fait de nous des sauvages d'un genre neuf, frustrés et à cran, et non les citoyens affables que la « civilisation » voulait former. Pour sortir de ce circuit infernal, et de l'impuissance collective, de nouvelles luttes d'émancipation, encore minoritaires, détournent ces flux mortifères d'énergie sociale. Mais d'autres les convertissent en haines identitaires et en replis patriotes. Qui l'emportera ? De quel côté échappera toute la violence rentrée du monde ?

  • « Le terme «populisme», comme avant lui (et toujours) celui d'extrême droite, nécessite, pour être utilisé avec pertinence, une définition académique aussi précise que possible. Telle est l'ambition, amplement réussie, de Cas Mudde et de Cristóbal Rovira Kaltwasser dans cet ouvrage, qui, fait rare, combine les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine. Et retenons ce qu'il faut à tout prix éviter : faire des électeurs des partis populistes des citoyens ignorants et incapables. Il faut plutôt argumenter de manière raisonnable. C'est une approche à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Elle suppose préalablement une connaissance fine et étayée du problème. Ce livre donne à chacun les moyens de l'acquérir. » Jean-Yves Camus, préfacier

  • Ce livre est né de la lecture de Propaganda, comment manipuler l'opinion en démocratie, d'Edward Bernays, publié en 1928. Bernays est le père des techniques modernes de manipulation des masses au profit du pouvoir politique et économique, et l'un des penseurs les plus influents du XXe siècle. Près d'un siècle plus tard, Propaganda n'est en rien de l'histoire ancienne. Le sujet concerne tout le monde et méritait bien son abécédaire illustré !
    Lucy Watts dissèque l'industrie du mensonge, son histoire et ses méthodes, tout ce qui nourrit la propagande ordinaire. « Désinformation », « Experts », « Hollywood », « Novlangue », « Pub », « Sondages », « Télévision »... Chaque thème est développé au travers d'anecdotes historiques édifiantes et illustré en pleine page par des lithographies hautes en couleur.

  • « Ceux qui nous tourmentent pour notre bien nous tourmenteront sans fin, car ils le font avec l'approbation de leur propre conscience. » C.S. Lewis Nous sommes poussés à vivre écolo et bio. On a même entendu un écologiste français très médiatique annoncer que le Covid 19 était « la vengeance de Gaïa »... Tout est permis, sauf de ne pas suivre l'écologisme. L'homme notre prochain passe à l'arrière-plan face à la nature qui est devenue un absolu. On nous répète ainsi qu'il faut réduire par dix l'humanité pour la sauver. Et pourtant... la vraie protection de l'environnement ne passe-t-elle pas par protéger l'humain avant tout ? Pourquoi les écolos veulent-ils une transformation si radicale voire la disparition de notre civilisation ? Ce livre montre combien l'écologisme se fait, depuis des décennies, plus subtil que le marxisme-léninisme et le risque qu'il devienne, à terme, aussi répressif... voire violent envers l'homme. Il raconte combien la protection de l'environnement ne passe pas par la réduction des gaz à effet de serre, véritable utopie du XXIe siècle, combien nous perdons peu à peu ce principe de « jouir de la vie », qui participe pourtant à une communion avec la nature et ses bienfaits, et combien la frugalité du monde bucolique vert n'intéresse pas la grande majorité de la population.

  • Depuis la résolution des Nations unies sur le partage de la Palestine et la proclamation de la création d'un Etat juif par David Ben Gourion en 1948, le Proche-Orient n'a jamais trouvé la paix.
    Pourtant, au début des années 1990, la main tendue de Yasser Arafat, qui reconnaît, de fait, l'existence de l'État d'Israël, et la réponse d'Itzhak Rabin laissent entrevoir la possibilité d'un accord de paix. L'espoir est de courte durée : le discours de paix de Rabin sera son dernier, et l'Autorité palestinienne représentée par Arafat sera affaiblie par les luttes internes et les pressions politico-militaires israéliennes.

  • La politique, dit-on, serait en crise du fait de l'inadéquation de nos représentants à la réalité qu'ils sont censés représenter : la fameuse "coupure" entre le peuple et ses élites témoignerait au premier chef de ces troubles dans la représentation. Myriam Revault d'Allonnes prend, en philosophe, le contre-pied d'une approche de la "représentation" qui, dit-elle, réduit à tort cette notion à sa dimension juridico-politique.
    Revenant aux sources de la "représentation" (arts visuels, théâtre), puisant aux deux grands paradigmes de la mimesis, la peinture et le théâtre, en compagnie de Platon et d'Aristote, cet essai interroge - au travers de l'élaboration de la notion de "représentation politique" (Hobbes, qui mobilise la métaphore théâtrale), de sa critique radicale (Rousseau, qui récuse la représentation et dénonce le simulacre du théâtre au nom de la "transparence") et jusqu'aux débats actuels sur la supposée "crise de la représentation" - la question de l'exercice de la souveraineté.
    Au terme de l'exploration, surprise : il apparaît que le lien représentatif moderne est fondamentalement lien de séparation. Et que c'est une illusion de penser que la représentation est susceptible de "figurer" de manière adéquate la réalité. Mais alors, que reste-t-il aux citoyens pour donner corps à la souveraineté politique ? La délibération, la discussion, la contestation, répond l'auteur, toutes modalités d'action non électives qui se donnent à voir et ne s'exercent que dans la non-coïncidence à soi.
    Alors s'ouvrent de nouvelles et riches perspectives à la représentation dans l'espace du politique, mais une représentation placée dès lors sous le signe de la re-configuration - et non celui de l'impossible figuration.

  • Cet ouvrage est un manuel de description et d'analyse des politiques et institutions actuelles du champ social. À la différence de la plupart des ouvrages existants, traitant séparément soit du droit du travail, parfois élargi à la formation professionnelle et aux politiques de l'emploi, soit de tout ou partie du reste des politiques sociales, il couvre l'ensemble du champ social : sécurité sociale, politique et droit du travail, politiques de l'emploi et de la formation professionnelle, lutte contre l'exclusion et insertion, politique familiale, protection de l'enfance, politique de santé publique, offre de soins, logement, politique de la ville. Des thèmes transversaux font l'objet de développements spécifiques, afin d'éviter les « angles morts » qui peuvent résulter de découpages thématiques : inégalités, discriminations, dimension européenne des politiques sociales, démographie. Il traite de l'ensemble des thèmes qui sont au programme des épreuves de l'ENA, l'EHESP (directeur d'hôpital), l'EN3S, et des autres concours administratifs de catégorie A du champ sanitaire et social. Il sera aussi un outil complet pour les étudiants amenés à traiter de ces matières notamment dans les IEP ou dans les masters de droit social, et pour les personnes recherchant une vision globale de ce champ.

  • Tout en ayant son identité propre, la science politique s'enrichit en permanence de ses relations avec les autres disciplines. Preuve de son universalité, nombre de ses objets ont été appréhendés par l'anthropologie. Réciproquement, le décentrement anthropologique est l'occasion de revenir aux questions les plus essentielles des sociétés humaines.
    Ce livre s'attache à l'apport de dix concepts-clés appartenant à l'oeuvre de dix anthropologues : Geertz (la description), Douglas (l'institution), Leach (la structure), Sahlins (la culture), Godelier (l'imaginaire), Lévi-Strauss (l'échange), Van Gennep (le rite), Balandier (le changement), Clastres (le pouvoir), Girard (la violence).
    Cette démarche originale entend enrichir l'étude de la science politique en encourageant un réflexe d'ouverture vers l'anthropologie, et, plus généralement, vers d'autres sciences sociales.

  • Assignée à résidence depuis les années 1990, persécutée par la junte militaire au pouvoir en Birmanie, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, continue de prôner la non-violence.
    C'est dans les fondements du bouddhisme qu'elle puise son énergie politique : pour elle, la libération du peuple passe par une révolution des esprits. Moins d'un siècle plus tôt, en 1906, Trotsky justifiait la nécessité d'une insurrection armée pour lutter contre un Etat par nature violent. Ainsi s'opposent deux visions de la révolution, deux stratégies pour servir un même but : l'émancipation des peuples.

  • Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l'Iliade et l'Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte.
    Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l'origine l'histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l'attention des historiens. Dans l'ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n'apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n'est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu'il ne reflète pas la réalité historique et se fait l'écho d'un discours idéologique.
    Il s'agit donc d'en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l'antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

  • Pourquoi l'État intervient-il dans la sphère économique ? Quelles sont les justifications théoriques et les limites pratiques de cette intervention ? Quelle est la manière la plus efficace de financer l'action de l'État ? De quels outils dispose la puissance publique pour réguler les marchés ? Comment doit-elle organiser la production des services publics et le financement des assurances sociales ? Quels instruments peut-elle mobiliser pour lutter contre les inégalités économiques et quels sont les principaux arbitrages auxquels sont confrontées les politiques de redistribution ? Comment mesurer les bénéfices et les coûts des politiques publiques ?
    Cet ouvrage, réalisé par une équipe de chercheurs en économie sous la direction d'Antoine Bozio et Julien Grenet, s'efforce de répondre à ces questions en mobilisant les outils d'analyse de l'économie publique et en s'appuyant sur les résultats des études empiriques les plus récentes.

  • En pleine faillite matérielle et morale, notre société s'éloigne toujours plus de ce qu'elle proclame sur tous ses bâtiments publics : la liberté, l'égalité et la fraternité. Le grand nombre n'a donc plus confiance en rien ni en personne. En tout cas dans aucune institution, ni en ceux qui les représentent. Les gens préfèreraient avoir confiance. Ils ne sont pas habités de rancoeur, mais d'amertume.
    Tandis que notre morale personnelle organise notre comportement individuel, la vertu doit régler ce que nous faisons en société. La vertu, c'est donc une méthode d'action à usage individuel dans la vie publique. Ce livre propose de la faire vivre, par la raison, le débat argumenté et des propositions concrètes.
    La vertu n'est pas l'apanage d'un parti ou d'une famille politique. La vertu reste un choix. Oui, un choix dont chacun est personnellement responsable.

  • L'idée et la pratique du boycott traversent l'Histoire sous diverses dénominations : mise à l'index, embargo, quarantaine, proscription, abstention... L'Inde de Gandhi, les États-Unis de Luther King, l'Afrique du sud de Mandela vont nous accoutumer à cette pratique.

    Ce livre nous retrace toutes ces histoires et les histoires actuelles de luttes non violentes, mais pour le moins efficaces.

  • Le Petit dico propose un regard malicieux sur les contrariétés de réunions et met en mots cet ordre du jour qui n'en finit pas, ce temps de réunion dévolu à trouver la date de la prochaine ou encore ce PowerPoint de 128 diapositives. À la manière du Baléinié et de ses tracas du quotidien, les autrices proposent 150 mots pour parler avec humour de nos rituels et pratiques collectives en réunion.

    Ce Petit dico est le fruit de nombreuses heures passées en conférences ; AGs ; retraites stratégiques ; business lunch ; séminaires et autres rencontres dans le travail social, dans les milieux associatifs, syndicaux, éducatifs et anarchistes.

  • Qu'est-ce qui permet le passage d'une idée à sa réalisation ? Grâce à qui et à quoi - qualités des personnes, contexte, «retournement» des contraintes, imagination, audace - les choses se font-elles, en matière politique et culturelle ? Au-delà du pur plaisir du récit, telles sont les questions que pose ce livre dans lequel Patrick Bouchain et Jack Lang racontent vingt ans de projets communs. Avec un espoir : contribuer à transmettre la liberté et la joie d'entreprendre, et donner à de nombreux lecteurs le désir de s'emparer du pouvoir de faire - pour agir, penser, partager, révéler les possibles ignorés.

  • Qu'est-ce que le renseignement ? En quoi diffère-t-il de l'espionnage ? Qui prend les décisions dans les services secrets ? Comment sont menées les opérations spéciales ? L'étude du renseignement permet d'aborder ces questions et de s'interroger sur les modalités de son contrôle et de son influence sur la politique étrangère des États.
    Cette nouvelle édition est enrichie d'un chapitre dédié aux transformations de l'information et au cyber, et d'études de cas portant sur des thématiques actuelles : renseignement des entités non étatiques, services secrets américains sous la présidence Trump, droit du renseignement en France, etc.
    Une introduction sans équivalent à un sujet désormais central des études de sécurité.

  • Quand il exalte l'imagination du public et lui permet de rire des autorités en place, le théâtre recèle une puissante force subversive. Il peut permettre également aux spectateurs de remettre en question leur attitude passive au sein de la société civile, de les mobiliser, de les rallier à une cause, de transformer les émotions.
    Le théâtre a-t-il toujours eu cette fonction de trublion dans l'espace public? Pourquoi entretient-il, davantage peut-être que les autres arts, un rapport politique avec son auditoire?
    Après avoir analysé les liens, parfois idylliques, souvent tourmentés, qui unissent le théâtre et le pouvoir politique, l'ouvrage distingue le théâtre contestataire du théâtre militant. Il se penche sur l'espace théâtral depuis les années 1990 jusqu'à nos jours, sur ses différents degrés de politisation. Il démêle les logiques professionnelles des logiques militantes et s'intéresse à la notion de conversion émotionnelle.
    Même s'il semble loin le temps de Jean Vilar où l'on voyait des ouvriers au Théâtre national de Chaillot, quel avenir pour le théâtre contestataire?

  • Le terrorisme a pris la dimension d'une menace cruciale depuis au moins le début des années 2000. Pourtant, le débat sur cet enjeu majeur de sécurité publique et de sécurité internationale semble rarement à la mesure des questions posées. En particulier sur les causes de cette violence politique et sociale, et sur la nature des réponses qu'il faut nécessairement lui apporter.
    Cette notion ou ce « concept » de terrorisme reste même sans définition véritable qui fasse consensus, y compris chez les experts... Alors, que recouvre-t-il, ce mot de terrorisme ? Qu'est-ce que cette chose que l'on nomme mais que l'on ne parvient pas à définir, et que certains ne veulent même pas expliquer ? Pourquoi fait-on du terrorisme, avec autant d'in- sistance, une violence politique spécifique ?
    Ce livre est une réflexion critique sur la définition du terrorisme, et en particulier sur la façon dont celui-ci fait l'objet d'une instrumentalisation idéologique permanente. Alors que cette violence criminelle est un terrible révélateur de la crise de société, de la crise des politiques de domination, de l'ordre mondial actuel... de notre monde de précarités, de déliquescences, de tensions géopolitiques et de guerres. Un monde lui-même violent pour les peuples.
    La caractérisation du terrorisme comme l'action perpétrée par des « ennemis » de notre civilisation ou par des fous meur- triers traduit cette mystification de longue durée qui vise à masquer la réalité d'un épuisement des logiques du néolibéra- lisme et du système capitaliste lui-même.
    Les réponses ultra-sécuritaires et militarisées imposées jusqu'ici sont un échec. Au-delà de l'évidente mission de protec- tion qui doit être assumée par les pouvoirs publics, on comprend qu'il ne s'agit pas simplement d'ajuster et de renforcer les politiques sécuritaires aujourd'hui mises en oeuvre, pour pouvoir « vaincre » le terrorisme, et obtenir que cette menace puisse reculer de façon décisive. Une toute autre ambition s'impose. Réfléchir sur le terrorisme, signifie, en effet, qu'il faut aller chercher les causes de cette violence criminelle : toutes les causes politiques, sociales, économiques, géopoli- tiques... jusque dans l'histoire de longue durée. Le concept de terrorisme lui même, comme incrimination et élément de l'ordre juridique, devrait être mis en cause. Tout cela signifie aussi, et peut-être surtout, oser penser, repenser l'ordre social et mondial dans lequel nous vivons aujourd'hui, et se hisser au niveau d'une exigence de transformation radicale.

  • Cet essai sur Mai 68 - publié en juillet de la même année dans la revue Quaderni piacentini - a été écrit au milieu du feu des barricades parisiennes. Devenu un classique, sa lecture des événements s'oppose aux interprétations alors en vogue dans la gauche, à la fois institutionnelle et révolutionnaire.

    Les auteurs, Sergio Bologna et Giairo Daghini, en analysant la révolte des étudiants et des travailleurs, ont en effet ignoré les schémas idéologiques du marxisme-léninisme, du maoïsme, de l'anarchisme, etc., en mettant en avant les catégories opéraïstes forgées dans les revues Quaderni rossi et Classe operaia.

  • Histoires d'élections

    Collectif

    • Cnrs
    • 15 Novembre 2018

    L'élection est de nos jours une pratique si familière qu'elle pourrait sembler consubstantielle à la démocratie et à la politique. Le bulletin de vote, l'urne ou l'isoloir sont devenus les compagnons habituels de l'électeur, à tel point qu'on peine à imaginer une élection sans eux.
    Or, de l'Antiquité romaine à la Ve République, de la monarchie française à la Venise du XVIIIe siècle, on découvre non seulement que l'élection est présente là où on ne soupçonnerait pas son existence, mais qu'elle recouvre une grande variété de pratiques et de sens : vote auriculaire à l'oreille d'un secrétaire, « à la ballotte » par boule d'approbation ou de réjection, vote à main levée, par appel nominal, par correspondance, par procuration ou plus récemment par voie électronique, etc. De même, en portant son attention au-delà du champ politique, l'ouvrage explore d'autres univers sociaux au sein desquels l'élection, bien présente, prend encore d'autres formes et d'autres significations : l'Église, la justice, l'université, le champ syndical, etc. Comment alors penser l'élection en tenant compte de l'ensemble de ces expériences sociales et politiques ?
    Histoires d'élections, en associant historiens et politistes, est une histoire polyphonique où coexistent et s'entremêlent à travers le temps et l'espace des pratiques et des représentations bien plus variées que l'élection contemporaine ne le laisse supposer.

    Sous la direction de Christophe Voilliot, Christophe Le Digol, Virginie Hollard et Raphaël Barrat.

  • La corruption, trop longtemps considérée comme un mal inévitable, a fait l'objet d'une prise de conscience tardive de la communauté internationale. L'actualité démontre qu'elle mine les démocraties et la confiance des citoyens envers leur gouvernement et leur institution ; aucun pays, aucun secteur d'activité n'échappent aux scandales.

    S'il est difficile de chiffrer le coût de la corruption et du blanchiment des activités criminelles organisées, l'on s'accorde à une évaluation de plus de 2 000 milliards de dollars. Les enjeux de la lutte contre ces fléaux sont considérables : ils touchent à l'éthique bien sûr mais aussi à la sécurité, à l'efficacité du démantèlement des réseaux et mafias qui déstabilisent les États, à l'endiguement du financement du terrorisme, etc.

    /> Cet ouvrage se veut un outil de compréhension du rôle dévolu aux institutions de veille, de sanction, de contrôle et de régulation des mouvements financiers. Il présente le cadre normatif qui s'est constitué au cours des 25 dernières années pour lutter contre la corruption et l'évasion fiscale. En France, il fait notamment le point sur la loi « Sapin 2 » relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. Il révèle l'ampleur, mais aussi les limites, du mouvement de régulation en cours.

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