Mots du libraire

  • Nous sommes dans la région de la Volga, dans les premières années de l'URSS, en 1920-1930. Jakob Bach est un Allemand de la Volga : il fait partie des descendants des Allemands venus s'installer en Russie au xviiie siècle.
    Bach est maître d'école dans le village de Gnadenthal, une colonie située sur les rives du fleuve. Un mystérieux message l'invite à donner des cours à Klara, une jeune fille vivant seule avec son père sur l'autre rive de la Volga. Bach et Klara tombent amoureux, et après le départ du père, ils s'installent ensemble dans la ferme isolée, vivant au rythme de la nature. Un jour, des intrus s'introduisent dans la ferme et violent Klara. Celle-ci meurt en couches neuf mois plus tard, laissant Bach seul avec la petite fille, Anntche.
    Après la mort de Klara, Bach s'éloigne du monde et perd l'usage de la parole. Tout en élevant l'enfant, il écrit des contes, qui de manière étrange et parfois tragique s'incarnent dans la réalité à Gnadenthal. Un autre enfant fait alors son apparition à la ferme : Vasska, un orphelin vagabond qui bouleversera la vie d'Anntche et Bach...

    Les oubliés de l'histoire

    Seule la Volga demeure, charriant l'histoire des hommes et femmes qui peuplent ses rives, dont celle de ces Allemands, attirés par Catherine II de Russie, devenus indésirables au gré des gouvernements et des conflits. Un grand roman à hauteur d'un petit instituteur, transcendé par un amour fou pour son élève.

  • A la vôtre !

    Faites connaissance avec la Fée de la Bière dans ce conte (pour grands !) enivrant et désopilant !

  • «Il n'était personne, il devint quelqu'un. Adoré par beaucoup, méprisé par beaucoup, et puis il disparut. On l'oublia. On se souvint de lui. On l'oublia de nouveau. On se souvint de lui de nouveau et aujourd'hui, au moment où j'écris les dernières phrases de ce livre, aux premiers jours de l'année 2020, ses oeuvres sont de nouveau oubliées. C'est une période sombre pour l'Amérique, une période sombre dans le monde, et avec tout ce qui arrive, érodant nos certitudes quant à qui nous sommes et où nous allons, le moment est peut-être venu de sortir ce Burning Boy de sa tombe et de recommencer à se souvenir du jeune homme incandescent. Sa prose reste crépitante, son regard tranchant, son oeuvre poignante. Est-ce que tout cela nous importe encore ? Si tel est le cas, et on ne peut que l'espérer, il faut y prêter attention.» PAUL AUSTER

    Portrait d'une comète littéraire

    Que cette biographie critique extrêmement détaillée soit l'occasion de découvrir Stephen Crane, un auteur américain fort mal connu en France, dont l'oeuvre météorique (il est mort à 28 ans) a pourtant fortement marqué l'histoire littéraire américaine... Quoi qu'il en soit, le travail de Paul Auster est absolument brillant, témoignant autant de son admiration pour Crane que d'une finesse d'analyse éblouissante.

  • Voilà un petit traité d'ethnologie, sur le thème . En rando l'enfer, c'est les autres .

    Bref, la vie de tous les jours, avec les gens de tous les jours (pas vous, les autres !).à lire absolument avant de partir, pour éviter deux ou trois maladresses - genre mais vous êtes toujours en vacances !!! - à ne pas dire à votre accompagnateur en montagne !

    " Accompagnateur en montagne, je fais le plus beau métier du monde. Pas le plus vieux non, le plus beau. C'est tout du moins ce que tout le monde croit (...) Ah! les arrivées sous la flotte ! Vous venez déjà de passer le col du Lautaret à trente à l'heure à cause d'un brouillard surréaliste et vous arrivez sur Briançon sous une pluie torrentielle, laissant à peine entrevoir les panneaux à l'entrée de la ville : Briançon, plus haute ville d'Europe, Briançon, trois cents jours de soleil par an. Et il a bien fallu qu'on soit dans les soixante-cinq autres."

    Panique sur le G.R. !

    Le pire de la randonnée en montagne, croqué avec verve, humour et tendresse par un professionnel. A pleurer de rire !!!

  • Les grandes marées

    Jim Lynch

    Une nuit, Miles O'Malley, treize ans, se faufile hors de chez lui pour aller explorer les étendues de Puget Sounds découvertes par la marée basse et trouve un calamar géant très rare, ce qui fait de lui une célébrité locale. Certains se demandent si cet adolescent imaginatif n'est pas un affabulateur ou... peut-être davantage ? En fait, Miles est surtout un gosse qui s'apprête à grandir, amouraché de la fille d'à côté, inquiet à l'idée que ses parents divorcent, et redoutant que tout, et même cette baie qu'il adore, lui soit enlevé. Alors que la mer continue à abandonner des présents issus de ses profondeurs mystérieuses, Miles se débat avec les difficultés qui accompagnent le processus tout aussi mystérieux par lequel on devient adulte.

    Magique !

    Jim Lynch a le chic pour camper des personnages cabossés qui rayonnent de charme et de caractère. Ce roman délicieux où déferlent l'insouciance de l'enfance et la magie de l'océan en est une très jolie démonstration. Et cela fait un bien fou !

  • Dans ce court récit, Antoine Choplin rend hommage à Ceija Stojka, cette artiste inclassable.
    Lors d'une cérémonie en l'honneur de l'artiste et alors qu'un homme en complet déroule un discours officiel, la narratrice, ami d'enfance de Ceija Stojka et complice de vie, se souvient de son parcours hors norme.
    Déportée à l'âge de dix ans, Ceija Stojka survit à trois camps de concentration, Auschwitz, Ravensbrück et Bergen-Belsen. C'est à cinquante-cinq ans qu'elle rompt le silence et se lance dans un travail de mémoire, lequel donne naissance à plusieurs récits et à plus d'un millier de dessins et de tableaux alors qu'elle est autodidacte.
    Le livre est accompagnée d'illustrations de Ceija Stojka.

    Auschwitz est mon manteau

    Ceija Stojka, Rom autrichienne rescapée enfant d'Auschwitz, Ravenbrück et Bergen-Belsen, jeune femme réputée analphabète devenue à plus de cinquante ans peintre et poète : voici la personne extraordinaire à laquelle Antoine Choplin rend hommage, avec un touchant mélange d'admiration, de joie et d'émotion. Un petit livre comme un cadeau humaniste au lecteur, rehaussé de quelques toiles magnifiques de l'artiste.

  • Oyapock

    Patrick Straumann

    Henri Coudreau (1859-1899), né comme Pierre Loti, Samuel de Champlain et René Caillié dans les landes charentaises, rêve dans sa jeunesse d'expéditions au centre de l'Afrique, mais finit par s'installer à Cayenne et parcourir les forêts de la côte caraïbe.

    D'abord seul, plus tard en compagnie de sa femme Octavie, il cartographie l'intérieur de la Guyane, explore les savanes de la zone frontalière entre la France et le Brésil, avant de tourner le dos aux ministères parisiens et de se mettre au service du gouvernement de Rio. Fin 1899, lorsqu'il meurt en pleine expédition, Octavie l'enterre sur les rives du Rio Trombetas et poursuit seule la mission en cours. Quatre ans, cinq expéditions et cinq livres plus tard, elle retournera sur le lieu de sa sépulture afin d'exhumer ses restes et de les rapatrier à Angoulême.

    En cette seconde moitié du xixe siècle, les zones hachurées des cartes fondent à vue d'oeil, les frontières restent à définir et le projet colonial français se dissout dans la chaleur équatoriale, mais l'attrait des tropiques reste puissant et la démesure de l'Amazonie ravive toutes les utopies. Aventuriers, anarchistes et chercheurs d'or peuplent une contrée façonnée par les guerres et les soulèvements des esclaves en fuite. À une époque où le caoutchouc déclenche toutes les convoitises, les Coudreau s'affranchissent progressivement de leurs missions pour se retirer dans un exil intérieur.

    Un livre sur une fuite loin du bruit du temps, sur la liberté qu'offrent les fleuves et les mérites de la désertion.

    L'envers de l'enfer vert

    En partant sur les traces d'Henri Coudreau, explorateur et doux rêveur du XIXe siècle, Straumann livre un récit qui fourmille d'anecdotes sur la Guyane et le bassin amazonien, terres de démesures et de fantasmes !

  • Madame Hayat

    Ahmet Altan

    Une histoire d'amour magnifique, celle d'un jeune homme pour une femme d'âge mûr qui éclaire et modifie son regard sur le sens de la vie. Un livre où la littérature, premier amour de ce garçon, devient vitale. Car dans une ville où règne l'effroi, seul l'imaginaire sauve de l'enfermement...

    L'amour au temps de l'arbitraire

    Un étudiant arrive en ville et tombe sous le charme de la voluptueuse Madame Hayat, de vingt ans son aînée. Un roman d'apprentissage sentimental autant que politique, véritable ode au désir, à la légèreté et aux libres penseurs, dans un pays où l'arbitraire et la corruption s'installent.

  • C'est le goût inoubliable de l'enfance que nous livre ici Sheng Keyi, une brassée de parfums et de saveurs venus du plus loin de son enfance dans la campagne du Hunan. L'odeur des eaux dormantes où, se faisant une petite barque d'une bassine en fer, elle va cueillir les fleurs de lotus et les châtaignes d'eau. L'arôme discret des fleurs du jujubier sous lequel elle faisait ses devoirs, celui du riz cuit dans la paille et des beignets d'armoise et de citrouille cuisinés avec les légumes du potager maternel.
    C'est un pays d'étangs et de rizières, où l'on mange à peine à sa faim, où l'on ne possède rien. La petite fille rêve de déployer ses ailes et de découvrir le monde au-delà de la rivière. Et elle y réussira, qui sait, mais entre-temps tout ce qui faisait la joie de son enfance aura été détruit. A la liberté de la petite sauvageonne d'alors répond la rare liberté de ton de la romancière d'aujourd'hui.
    Sheng Keyi dénonce ardemment les ravages de la modernisation des campagnes chinoises et fait renaître l'éclat des vies humbles qui ont disparu".

    Hunan-inité !

    En chroniquant les souvenirs d'une enfance modeste mais joyeuse dans un village chinois, Sheng Keyi fait l'éloge des petits bonheurs qui construisent une vie, et rappellent leur importance dans un monde où la pensée et les sentiments s'uniformisent dangereusement. Un voyage doux et précieux.

  • 1787. Alma et Joseph ont rejoint Saint-Domingue sur les traces du navire La Douce Amélie et de son insaisissable trésor. Mais Alma n'a qu'un seul but : retrouver Lam, son petit frère. Dans les plantations de canne à sucre, les champs de coton de Louisiane, pami les milliers d'esclaves qui se battent pour survivre, la jeune fille poursuit sa quête tandis que Joseph traverse à nouveau l'Atlantique. On parle d'abolition à Londres. En France, le pouvoir de Versailles commence à vaciller. En se séparant, les chemins d'Alma et Joseph leur rappellent à chaque instant tout ce qui les unit.

    Vers la liberté

    L'aventure continue ! De Saint-Domingue à la cour de Versailles, de la Louisiane à Liverpool, les quêtes éperdues d'Alma, Joseph, Lam et les autres les emmènent de plus en plus loin, portés par le souffle épique et l'énergie de Timothée de Fombelle. ON ADORE !!!

  • Le serment

    Tuominen Arttu

    Ils sont trois : un cadavre lardé de coups de couteaux, un suspect errant les mains ensanglantées à l'orée d'un bois et l'inspecteur chargé de l'enquête. Trois hommes qui se connaissaient ; trois hommes qui ne s'étaient pas revus depuis vingt-sept ans.

    Dans les prairies sauvages de Finlande ressurgissent les souvenirs d'une enfance féroce, les traumatismes du passé. Entre les courses à vélo et les vengeances à la sortie de l'école, un pacte de sang a été scellé. Un serment qui se rappellera à eux trois décennies plus tard.

    À la façon d'un Ron Rash ou d'un Dennis Lehane plongés dans une Finlande rugueuse, Arttu Tuominen offre un roman noir puissant, hanté par les conflits entre morale et poids du secret.

    Vérité dans la capsule

    Un serment d'enfance peut-il résister aux obligations de l'âge adulte et à la pression d'une enquête criminelle ? Ce polar fidèlement nordique par ses personnages sombres, ses atmosphères et ses paysages finlandais se distingue par le dilemme posé à son héros, et joue la carte de l'émotion et de l'humanité avec subtilité. Belle découverte !

  • Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d'un enfant sur les pentes de la Croix Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.
    Le commissaire Jules Soubielle est chargé de l'enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S'élèvent les voix d'un nationalisme déchainé, d'un antisémitisme exacerbé par l'affaire Dreyfus et d'un socialisme naissant. Dans le bruissement confus de cette fin de siècle, il faudra à la police pénétrer dans l'intimité de ces ouvriers et petits commerçants, entendre la voix de leurs femmes et de leurs enfants pour révéler les failles de cette république qui clame pourtant qu'elle est là pour défendre les faibles.
    Avec ce premier polar historique, Gwenaël Bulteau, d'une plume aussi poétique que vibrante, nous fait entendre la clameur d'un monde où la justice peine à imposer ses règles, au détour d'une enquête qui fera tomber les masques un à un.

    Sombres ombres lyonnaises

    Gwenaël Bulteau réussit un polar historique sombre et tendu, qui capte avec acuité les tourments d'une époque (1898, la France en pleine tempête de l'affaire Dreyfus), des personnages solidement incarnés et surtout un décor, Lyon, qu'il restitue dans tous ses contrastes. Premier roman, coup d'éclat !

  • Cette mythique ligne de chemin de fer, créée en 1916, nous emporte de Moscou à Vladivostok : une semaine magique, 9288 kilomètres et 146 gares.

    Absolument passionnant !

    Une autrice et une illustratrice russes nous font découvrir leur pays natal à travers une épopée ferroviaire hors du commun. De Moscou à Vladivostok, nous voilà confortablement installés sur une banquette de ce train mythique, dont les rails ont traversé la Russie et l'Histoire.

  • Ce bel album nous embarque sur 18 grands fleuves emblématiques du monde. Un fabuleux voyage, très documenté, qui nous raconte tout ce qui vit autour des fleuves, les villes qui y naissent, la faune, la flore, des temps forts historiques parfois et la vie économique que les fleuves drainent.
    À chaque double page, on rêve, ici sur les rives de la Volga, du Mékong, du Fleuve Congo, du Saint Laurent, de l'Amazone ou du Danube, qui traverse pas moins de 10 pays... Et au coeur de l'ouvrage, une quadruple-page se déploie pour nous présenter le Nil dans toute sa majesté. Des centaines de vignettes émaillent le livre pour nous informer ou nous interpeller notamment sur les questions écologiques.
    Le premier livre-cadeau de Rue du monde, en avantpremière à la saison 2021 des fêtes.

    Magnifique Atlas !

    Cet incroyable atlas des cours d'eau est ici prétexte à regarder notre planète en long, en large et en rivière ! Nous explorons tous les continents, leurs pays, avec les animaux et les humains qui la composent. Les illustrations sont sublimes et rendent accessibles les pages très documentées de ce petit bijou. Waouh !

  • Le 5 juin 1985, Gwendolyn est assassinée par son ex-mari, Joel, dit « Big Joe ». Plus de trente ans après ce drame qui a changé sa vie, Natasha Trethewey, sa fille, affronte enfin sa part d'ombre en se penchant sur le destin de sa mère. Tout commence par un mariage interdit entre une femme noire et un homme blanc dans le Mississippi. Suivront une rupture, un déménagement puis une seconde union avec un vétéran du Vietnam. À chaque fois, Gwendolyn pense conquérir une liberté nouvelle. Mais la tâche semble impossible. Elle est toujours rattrapée par la violence.

    Dans ce récit déchirant, Natasha Trethewey entremêle la trajectoire des femmes de sa famille et celle d'une Amérique meurtrie par le racisme. Elle rend à sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough, sa voix, son histoire et sa dignité.

    Mother Love

    Natasha Trethewey convoque les forces et richesses formelles de la littérature pour célébrer et réhabiliter le souvenir de sa mère, une femme exceptionnelle qui s'est battue jusqu'au bout pour sa liberté. Dense et puissant, un premier roman renversant.

  • En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l'inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s'engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l'Argentine, quelle vérité l'attend au centre de ce labyrinthe ?

    Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l'accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s'observent, discutent, boivent, font beaucoup l'amour, et s'interrogent sur la nécessité de la création à partir de l'exil. Il va surtout s'attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda...

    D'une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l'exigence du choix entre l'écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d'amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

    L'écrivain et son double

    Un prodige d'écriture, d'ironie, qui vous emporte dans un tourbillon existentiel, littéraire, historique, sur les traces d'un roman disparu et de son auteur, et au cœur de la diaspora intellectuelle africaine. Une formidable IVRESSE !

  • Trois histoires qui se déroulent dans « le monde du bout du monde » - aurait dit Luis Sepulveda - entre Patagonie et Araucanie, dans des paysages d'une envoûtante et inquiétante beauté mais aussi dévastés par des barbaries que ces trois personnages hors norme défient, chacun à sa façon, sans schémas idéologiques, en défendant ces terres qui sont devenues leur patrie et les peuples vaincus et persécutés qui les habitent.

    Cône glacé

    Trois vies improbables mais vraies qui racontent en creux l'Histoire de la Patagonie au XIXème siècle, depuis les pampas argentines jusqu'à la terre de Feu. Un régal de raffinement et d'érudition, qui ravive la fascination pour le grand Sud.

  • Antoine Galland se retrouve un jour dans un hall d'aéroport, en partance pour un club de vacances en Égypte. Madeleine, sa femme, l'a quitté et, pour les vacances, lui a confié leurs deux petites filles. Antoine a bien besoin de vacances. Il reste éprouvé par son divorce, mais aussi par l'agitation de ces derniers mois, où lui, l'homme discret, maladroit, féru de littérature arabe, s'est retrouvé, bien malgré lui, embrigadé dans une grande opération de communication du jeune Président de la République, Célestin Commode, qui, cherchant la synthèse parfaite pour réconcilier villes et banlieues, jeunes et vieux, modernes et réactionnaires, en même temps qu'une astuce pour relancer la diplomatie arabe de la France, a décidé de remettre au goût du jour Antoine Galland, l'illustre homonyme de notre héros, et traducteur des célèbres Mille et une nuits. Mais notre Antoine, dans ce club de vacances, se retrouve pris dans un jeu mystérieux qui consiste à identifier, cachée parmi les vacanciers, la femme parfaite : Badroulboudour.

    Fable faussement naïve sur ce que nous gardons du passé, ce que nous lui imposons aussi - roman drôle, malicieux et magique, Badroulboudour est aussi un éloge lucide d'Antoine Galland (1646-1715), parti de la Somme vers le monde arabe, revenu ensuite l'esprit et le coeur plein de contes merveilleux. Un homme qui aura fait cette chose extraordinaire et altruiste, de chercher à comprendre l'autre.



    Jean-Baptiste de Froment est né en 1977. Son premier roman, État de nature, a été salué par la presse comme une fable brillante sur la comédie du pouvoir.

    Les mystères d'Antoine Galland

    De l'esprit, de l'humour, du mystère, de l'érudition, de l'amour... (et un joyeux coup de folie en guise de final !) Tout ça en 200 pages ? Mais oui !!!

  • La guerre entre les forces de Véga et Goldorak est un lointain souvenir. Actarus et sa soeur sont repartis sur Euphor tandis qu'Alcor et Vénusia tentent de mener une vie normale. Mais, des confins de l'espace, surgit le plus puissant des golgoths : l'Hydragon. Alors que le monstre de l'ultime Division Ruine écrase les armées terriennes, les exigences des derniers représentants de Véga sidèrent la planète : sous peine d'annihilation totale, tous les habitants du Japon ont sept jours pour quitter leur pays et laisser les envahisseurs coloniser l'archipel. Face à cet ultimatum, il ne reste qu'un dernier espoir... Goldorak.

    Là-haut, là-haut, très loin dans l'espace...

    Plus qu'un hommage (très maîtrisé par ailleurs, avec ses nombreuses références et son sens minutieux du détail qui réjouira les enfants des années 70 et 80), cette bande dessinée remarquablement réalisée propose une histoire brillante, suite idéale du dessin animé que l'on peut lire sans avoir lu ce dernier, où l'on retrouve lebon  mélange entre action, suspense et humour, doublé d'une belle réflexion sur l'héroïsme, ses grandeurs et ses périls. Formidable !

  • Désert noir

    Adrien Pauchet

    Qui refuserait, pour le prix d'une pilule, de revoir ses chers disparus ? L'Orphée, cette nouvelle drogue que tout Paris s'arrache, a ce pouvoir : vous faire pénétrer, pour un instant du moins, au royaume des morts... Mais dans le sillage de cette promesse, le chaos déferle : overdoses, guerres de clans, assassinats. Avec son groupe du 36, Jocelyn a pour mission de démanteler la filière. Au lendemain d'une intervention désastreuse, les questions se multiplient : qui est cette fille mutique et en cavale ? Qui est cette femme à l'intelligence redoutable, aux desseins opaques ? Entre mafia, société secrète, et innocents en déroute, le policier navigue à vue - à la frontière, si séduisante, si périlleuse, du désert noir...

    Rivages des faux espoirs

    Formidable polar au suspense parfois irrespirable, noir de chez noir par ses personnages intenses et habités de mille et une nuances, Désert noir questionne les béances du cœur et sur ce que nous serions prêts à faire pour réparer l’irréparable, si jamais la chance nous en était offerte. Intense, parfois perturbant, et au final bouleversant.

  • Impact

    Olivier Norek

    Virgil Solal, soldat des forces spéciales, sait à quel point notre monde (pré) apocalyptique peut être dangereux. Sa fille est mort-née à cause de la pollution atmosphérique. Il décide donc de faire payer ceux qu'il tient pour responsables : les grands patrons, les financiers, les politiques. Il devient alors un éco-terroriste à la tête de Greenwar (sorte de branche armée de Greenpeace) dont la population soutient l'action. Il kidnappe le patron de Total et annonce que d'autres dirigeants de grandes entreprises suivront. Si la multinationale ne paie pas la rançon, l'otage mourra. La firme est-elle prête à débourser 5 milliards de dollars pour sauver un homme responsable de milliers de crimes ? D'autant que cette somme sera restituée si l'entreprise s'engage à financer les énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles.
    Un capitaine de police aussi calme qu'empathique et une psycho-criminologue terrassée par des crises de panique sont chargés de négocier avec le ravisseur. Radical, déterminé, il n'a rien à perdre. Bien trop intelligent pour être muselé et piégé par les vieilles ficelles du profilage et de la tactique policière, son combat rencontre un écho et un soutien planétaires. L'équilibre des forces se grippe quand celui qui tient le rôle du méchant se révèle justicier.
    Qui est le criminel ? Le preneur d'otage qui veut sauver la planète et l'humanité, ou le dirigeant d'entreprise dont le cynisme, la cupidité et la vision à court terme condamnent des milliers d'innocents ?

    Choc !

    Quand Olivier Norek met son implacable sens du rythme et du suspense au service d'un sujet d'actualité fondamental, cela donne un livre en colère qui secoue, révolte et fait réfléchir. Audacieux, et essentiel.

  • Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d'une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d'autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu'au jour où le fiancé d'Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l'existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d'outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.
    Deuxième roman de Claire Duvivier, Citadins de demain est le premier volume de la trilogie Capitale du Nord.
    Capitale du Nord, constitue, avec Capitale du Sud (dont le premier volume, Le Sang de la cité, écrit par Guillaume Chamanadjian, est sorti en avril 2021) le cycle de la Tour de garde.

    Claire Duvivier est née en 1981. Son premier roman, Un long voyage, a remporté les prix HORS CONCOURS 2020, le Prix Libr'à Nous, catégorie imaginaire 2021, et le Prix ELBAKIN.net du meilleur roman francophone de fantasy 2020

    Quelle histoire !

    Points de chevaliers et de dragons dans la fantasy de Claire Duvivier, la vraie magie se trouve dans ses personnages, dans la structure de sa prose et dans les énigmes qu'elle tisse. Un roman exceptionnel, aussi puisqu'il remet en perspective le genre même de la fantasy. A découvrir d'urgence !

  • « Le monde est une histoire pleine de bruit et de fureur. Je revenais dans mon passé, à la recherche d'Ethan Shaw, à la recherche du sens de la fureur. » Sur les écrans de Times Square, Adam Vollmann, journaliste au New Yorker, voit s'afficher le portrait d'un homme recherché par la police. Il reconnaît aussitôt Ethan Shaw. Le bel Ethan, qui vingt ans auparavant était la star du lycée et son seul ami, est accusé de meurtre.
    Refusant de croire à sa culpabilité, Adam retourne à Drysden, où ils se sont connus. Mais à mesure qu'il enquête, ses certitudes vacillent...

    Fake news

    Traversé de fulgurances éblouissantes, formidablement écrit et audacieusement mené, ce roman questionne avec clairvoyance le brouillage grandissant entre réalité et fiction, entre vérité et mensonge... Vertigineux !

  • Eté 1940 : la France est occupée. Certains pourtant refusent la fatalité : à Paris, au coeur du musée de l'Homme, quelques ethnologues se réunissent, bientôt rejoints par des gens de tous horizons - avocats, religieuses ou garagistes. Autour de Boris Vildé, d'Anatole Lewitsky, d'Yvonne Oddon, ces visionnaires posent les bases de la lutte qui mènera à la Libération : évasions de prisonniers, passages vers l'Angleterre ou la zone libre, et publication d'un journal clandestin, Résistance.
    Mais ces insoumis de la première heure seront bientôt trahis, dénoncés à la Gestapo et, pour beaucoup d'entre eux, exécutés. Avec Des Vivants, Raphaël Meltz et Louise Moaty proposent un scénario d'une grande richesse et d'une profonde intégrité : aucun dialogue n'a été inventé, les paroles prononcées par les personnages sont les leurs. Au terme d'une vaste plongée dans d'innombrables documents d'époque - mémoires, lettres, témoignages, entretiens, journaux...
    - ils composent ce récit en s'effaçant derrière la sincérité et la force de ces voix disparues. Simon Roussin, grâce à une mise en scène subtile et un dessin d'une grande maîtrise, redonne vie à ces fragments d'Histoire, déployant avec justesse tout leur souffle romanesque. Ensemble, ils composent une fresque puissante, rigoureuse et émouvante. Surgi très tôt, trop vite détruit, le réseau du musée de l'Homme est peu à peu sorti de la mémoire collective.
    Cet album hors normes, à la fois enquête historique, roman de guerre et épopée grandiose, rend ainsi hommage à des hommes et des femmes emportés un jour par cette injonction formidable : résister. Une folle audace autant qu'une évidence ; l'unique moyen, au-delà de tout, de rester vivants.

    Epoustouflant !

    Dans une démarche presque Oulipienne, Raphaël Meltz et Louise Moaty racontent l'histoire du réseau du Musée de l'Homme, un des premiers réseaux de Résistance français. Un récit historique d'une grande justesse et d'une grande poésie, mis en scène par les superbes illustrations de Simon Roussin.

empty